Résumé
Une comparaison systématique du Melanotan II avec le PT-141 (bremelanotide), examinant leurs origines mélanocortines communes mais leurs profils pharmacologiques divergents, leurs sélectivités de récepteurs, leurs trajectoires de développement clinique et leurs rôles respectifs dans la recherche sur la santé sexuelle.
Le Melanotan II et le PT-141 (bremelanotide) sont des peptides de mélanocortine étroitement liés qui partagent une origine commune dans le programme de recherche sur les analogues de l'alpha-MSH à l'Université d'Arizona, mais ils ont suivi des trajectoires de développement nettement différentes et possèdent des profils pharmacologiques distincts.
La relation structurelle entre le Melanotan II et le PT-141 est celle d'un composé parent et d'un dérivé raffiné. Le Melanotan II a la séquence Ac-Nle-c[Asp-His-D-Phe-Arg-Trp-Lys]-NH2, tandis que le PT-141 (Ac-Nle-c[Asp-His-D-Phe-Arg-Trp-Lys]-OH) est un dérivé désaminé et un métabolite du Melanotan II. La différence structurelle clé est la modification C-terminale : le Melanotan II a une amide C-terminale (-NH2), tandis que le PT-141 a un acide carboxylique libre (-OH). Cette modification apparemment mineure entraîne des changements significatifs dans la sélectivité des récepteurs, avec le PT-141 montrant une préférence accrue pour MC3R et MC4R par rapport à MC1R.
Les profils de liaison aux récepteurs des deux composés illustrent leurs différences fonctionnelles. Le Melanotan II active MC1R, MC3R, MC4R et MC5R avec une puissance relativement similaire, en faisant un activateur large du système de mélanocortine. Le PT-141, bien que techniquement non sélectif, montre un profil de liaison décalé qui favorise MC4R sur MC1R, résultant en des effets prédominants sur le système nerveux central sur la fonction sexuelle avec une activité mélanogène périphérique minimale.
Les profils d'effets secondaires diffèrent de manières prévisibles basées sur la pharmacologie des récepteurs. Le Melanotan II produit une constellation d'effets incluant un assombrissement significatif de la peau, un assombrissement des grains de beauté et des nevi, des nausées, des bouffées vasomotrices, de la fatigue et des érections spontanées chez les hommes. Le PT-141 produit des nausées (chez environ 40 pour cent des sujets), des bouffées vasomotrices, des maux de tête et une élévation transitoire de la pression artérielle, mais ne cause pas de changements significatifs de la pigmentation cutanée.
Les histoires de développement clinique de ces composés ne pourraient pas être plus différentes. Le PT-141 a subi un développement pharmaceutique formel culminant avec l'approbation de la FDA en 2019 pour le HSDD chez les femmes préménopausées, avec le composé commercialisé sous le nom de Vyleesi. Le Melanotan II, par contraste, n'a jamais progressé à travers un développement réglementaire formel pour quelque indication que ce soit.
Les paradigmes de dosage reflètent les différents contextes de développement. Le PT-141 a une dose clinique établie de 1,75 mg administrée par voie sous-cutanée selon les besoins, avec des directives claires sur la fréquence maximale. Le Melanotan II n'a pas de protocole de dosage cliniquement validé.
Une considération importante pour les chercheurs est le cadre juridique et réglementaire. Le PT-141 est un médicament sur ordonnance disponible via des canaux médicaux légitimes. Le Melanotan II est classé comme un produit chimique de recherche non réglementé dans la plupart des juridictions, les autorités sanitaires avertissant activement contre son utilisation.

